Après une brève présentation des activités de la ligue St Léonard, Marie-Claire LAMBERT, sa Présidente, remercie les différentes personnes présentes pour leur participation à ce débat dont le sujet risque d’avoir dans les années à venir une influence majeure sur l’évolution urbanistique du quartier.
Elle passe ensuite la parole à Monsieur le Bourgmestre Willy DEMEYER qui la remercie vivement pour son invitation à venir débattre de l’éventualité de l’implantation du stade du Standard sur le site de Coronmeuse. Il rappelle que ce site fait partie du territoire de la ville de Liège mais qu’il jouxte également la ville d’Herstal.
Monsieur DEMEYER a commencé son allocution en lisant et en commentant la réponse qu’il a apportée lors de la séance du conseil communal du 26 octobre 2009 suite à l’interpellation de Monsieur Guy KRETTELS, Conseiller communal. Ce texte de deux pages intitulé « Choix de Liège dans le cadre de la coupe du monde 2018 et localisation du futur stade » est repris en annexe.
Il a expliqué que le stade du Standard devait être agrandi pour passer de 25.000 à 40.000 places pour :
1) répondre aux critères de la FIFA relatifs aux matches internationaux
2) pouvoir accueillir le cas échéant des rencontres de la coupe du monde pour autant que le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux ne se fixent pas d’autres priorités budgétaires en ces temps de crise.
Lors de sa lecture, Willy DEMEYER a mis notamment en exergue l’alinéa suivant qui est très important à ses yeux :
« Le Standard et la ville de Liège ont convenu que le choix final du site se ferait en totale concertation. Il s’agit en effet de concilier l’ambition du club de se développer et de satisfaire aux critères du football international -…-avec le développement de Liège dans le cadre de notre Projet de Ville, en particulier du point de vue de la mobilité, de la sécurité et du respect du cadre de vie des habitants » et il a ajouté « et par extension des habitants limitrophes d’Herstal ».
Après cette introduction, les participants ont été invités à prendre la parole. Ci-après, vous lirez le résumé de leurs interventions.
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Freddy INGENITO, Secrétaire du Comité des habitants de Saint-Léonard : D’emblée de jeu, Monsieur INGENITO informe l’assemblée que la démarche du Collectif des comités pour la préservation du site de Coronmeuse (réunissant les comités de quartier de Jolivet-Coronmeuse, Marexhe-Herstal et Saint-Léonard) n’est pas contre le Standard et qu’ils sont présents ce soir à cette réunion pour s’informer. Le Collectif a pris des contacts avec le comité de quartier de Sclessin qui les a alerté des principales nuisances générées par l’activité du stade du Standard : parking sauvage, malpropreté de certains supporters, bouclage du quartier par les forces de l’ordre lors des matches à risque. Le travail positif du club du Standard pour canaliser ses supporters a été souligné. Monsieur INGENITO a expliqué que suite à l’information selon laquelle le Standard pourrait s’implanter à Coronmeuse, les membres du Collectif se sont intéressés aux différents lieux pouvant accueillir ce stade. Lors de cette réflexion, ils ont redécouvert la darse et le parc Astrid qui sont deux sites merveilleux avec beaucoup de potentiel en matière de développement des sports d’eau et d’accueil des bateliers par exemple.
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Mark TIBERGHIEN, Menuisier de marine dont l’entreprise est installée au port de Coronmeuse : Il craint que l’implantation du Standard signifie la destruction du bassin du port de Coronmeuse alors que celui-ci pourrait être développé pour accueillir les bateaux de plaisance. Monsieur TIBERGHIEN considère qu’il ne faut pas se laisser manipuler par la FIFA alors que le stade actuel du Standard n’est pas encore totalement remboursé.
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Pierre NICOLAY, membre du Collectif des comités pour la préservation du site de Coronmeuse : Il met l’accent sur l’impact visuel du projet sur le quartier. Pourquoi au contraire ne pas embellir l’entrée nord de la ville de Liège avec un jet d’eau et la mise en valeur du monument du Roi Albert et du Palais des sports. Il rappelle qu’un rapport Mac Kinsey a mis en évidence toutes les potentialités du quartier. Monsieur NICOLAY estime que la zone entre la darse et la Meuse constitue un véritable réservoir pour les loisirs à préserver.
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Brigitte DELHAYE, membre du Collectif : Elle désire relever l’impact social de l’implantation du stade à Coronmeuse. Pourquoi porter atteinte à ce poumon vert qui représente une véritable zone de liberté pour les jeunes du quartier.
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Jean-Marie DELHAYE, Président du Comité de quartier de Saint-Léonard : Monsieur DELHAYE se pose aussi en tant que représentant des citoyens qui estiment que le spectacle « football » n’apporte rien de positif à la société. De plus, en tant qu’architecte, il se demande quelle peut être l’utilité d’un stade inhumain dans cet espace vert de Saint-Léonard dont le nombre d’habitants (plus de 10.000) équivaut à une petite ville.
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François SCHREUER, Président de l’association UrbAgora : Il demande la réalisation d’une autre étude que celle de la SPI+ car cette dernière est réservée aux dirigeants du club du Standard et à certains politiciens. De plus, on n’en connaît pas la méthodologie. Monsieur SCHREUER et son association font une proposition alternative consistant à l’implantation du nouveau stade sur la plaine de Bressoux. Il se demande si la SPI+ a examiné le potentiel de ce site disposant de 25 hectares accessibles par l’autoroute et le chemin de fer pour autant que l’on construise un pont franchissant la Meuse entre la gare de Bressoux et Coronmeuse. Cette solution présente l’avantage de créer un pont de franchissement par le nord de Liège pour le futur RER et le tram. En outre, il regrette que l’on veuille porter atteinte au site de Coronmeuse dont le Palais de sports construit à l’occasion de l’exposition internationale de l’eau en 1939 présente notamment un attrait patrimonial non négligeable. Enfin, il se demande comment le promoteur de ce projet pourra être prêt en 2018 alors qu’il faudra déplacer les bâtiments de la Foire Internationale de Liège (FIL) et qu’il devra probablement compter avec les éventuels recours de diverses associations. Dernière question qu’il se pose : pourquoi le site de Sclessin n’a-t-il pas été examiné lors de l’étude de la SPI+ ?
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Josiane BYLOOS, Présidente du Comité de quartier Jolivet-Coronmeuse : Elle désire insister sur la qualité minérale du quartier de Coronmeuse. Elle s’insurge contre la suppression du poumon vert du quartier que représentera l’installation du Standard à Coronmeuse.
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Marie-Claire LAMBERT, Présidente du Centre hospitalier de la Citadelle : Elle désire rappeler ce qu’elle a déjà exprimé à Willy DEMEYER, à savoir sa ferme volonté de voir pérenniser les bâtiments (situés quai de Wallonie) du Centre pour Enfants Infirmes Moteurs Cérébraux (CIMC) qui vont être prochainement rénovés. Ce centre dont la partie « soins » a été reprise par le CHR de la Citadelle bénéficie d’une étroite collaboration avec l’école Léona PLATEL de la ville de Liège.
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Willy DEMEYER répond aux intervenants à travers une réponse globale.
Le bourgmestre commence par préciser à quel point il est nécessaire pour la ville de maintenir le stade sur son territoire.
Il y avait plusieurs autres sites dans l'étude de la SPI+, étude confidentielle et donc privée, mais le Standard doit continuer à jouer durant les travaux donc Sclessin n'est pas envisageable. Quant à un autre site entre Ans et Awans, il serait situé en dehors du territoire de la ville. Or, le bourgmestre le regrette, il faut amener les forces de l'ordre là où on joue au football et les zones de police d'Ans-St Nicolas ou de Grâce-Hollogne-Awans ne possèdent pas les effectifs nécessaires. La zone de police Liège compte, quant à elle, 1135 policiers.
Willy DEMEYER ajoute enfin qu'il a rencontré les habitants du quartier, la FIL, le CIMC et tous les acteurs du quartier. « Tout est possible » et la procédure suit sont cours. Les grands chantiers prennent du temps. Le Grand Curtius, la Mediacité, la gare des Guillemins ont pris près ou plus d'une décennie pour aboutir. D'autres projets sont en cours, dont le tram. Celui- ci est essentiel dans le combat que mène les autorités pour la centralité de la Ville. Un habitant de la périphérie dans une maison 4 façades coûte plus cher qu'un habitant du centre-ville. « J'ai souffert, étant jeune, de vivre dans une ville en crise, ajoute le bourgmestre, Je ne veux plus de ça ». Il précise ensuite à quel point un stade de foot fait partie de cette notion de centralité, que l'on aime le foot ou pas. Le phénomène de masse est inhérent à la nature humaine et le foot, en particulier le Standard, sont importants pour les Liégeois.
Outre ce phénomène social, le bourgmestre ne peut ignorer les retombées positives du Standard en termes d’image pour la ville et la province compte tenu de l’aura international de notre club de football.
Le CIMC est une priorité pour le bourgmestre mais il pense que la ville donne déjà beaucoup et que les autres niveaux de pouvoir devraient eux-aussi se pencher sur le dossier.
Sur le Palais des Sports, en réponse à François SCHREUER, le bourgmestre pense que c'est de l'art, mais de son époque, celle d'Hitler et Mussolini, de l'art « quasi nazi ». Quant aux jets d'eau et au piétonnier, cela a été pensé, y compris dans le projet de ville.
Le bourgmestre aborde ensuite la question du quartier de Bressoux-Droixhe. Le projet de requalification du quartier a enfin démarré et il faudrait de lourds arguments pour que l'on change d'avis.
Il rappelle ensuite que maintenir le Standard sur le territoire de la ville permet de le pérenniser et que, hormis la sécurité, la ville ne donne rien au club, ce qui est un fait rare en Belgique. La Ville a seulement financé une tribune lors des précédents travaux. Le nouveau stade concerne la ville et le bourgmestre doit gérer le manque de places dans le stade. Qu'il y ait une coupe du monde ou pas, le Standard doit jouer dans un stade digne du niveau européen et se mettre aux normes.
Quant l'étude de la SPI+ tombera dans le domaine public, les Liégeois pourront en prendre connaissance. Pour l'instant, on en est à la phase préparatoire et cette rencontre en fait partie. L'avis de la population est entendu et les fonctionnaires sont au travail. Une étude d'incidence par un organe indépendant aura lieu.
Freddy INGENITO conclut en disant qu'il s'est senti piégé et qu'il n'a pas l'impression d'avoir vécu un débat. Marie-Claire LAMBERT lui rappelle que la ligue St léonard est une ligue ouverte qui accueille tout le monde, qu'il n'y avait aucun piège, que la rencontre était prévue de longue date et qu'elle avait pour but que l'une et l'autre partie entende les arguments des uns et des autres. Elle précise que la ligue suivra le dossier et tiendra le public informé du suivi du dossier.