Après avoir remercié de leur présence les participants à ce débat, Marie-Claire Lambert, notre Présidente, a présenté les deux orateurs de cette soirée :
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Frédéric Dardenne, enseignant – géographe et sociologue de formation ;
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Jean-Marc Close, collaborateur de la mutualité Solidaris et expert au Cabinet de Monsieur le Ministre des Pensions, Michel Daerden.
Monsieur Dardenne s’est attaché à expliquer l’évolution démographique de la Belgique et pour cela nous a montré la succession des différentes phases de transition démographique qu’a connu notre pays. Avant 1830, nous connaissions une phase de croissance démographique, depuis 1970 la phase de transition est achevée puisque le taux de mortalité équivaut au taux de natalité.
En 2009, les adultes de 30 à 55 ans sont les plus nombreux. Ce qui signifie que la population belge s’est engagée dans un processus de vieillissement. Quelles sont les prévisions ? Sur base de simples projections mathématiques, on peut dire qu’en 2036, la majorité de notre population sera composée de personnes se situant dans la tranche d’âge 40 - 65 ans. En 2050, plus de 40 % de la population aura plus de 65 ans.
Pour illustrer ce vieillissement de la population, Monsieur Close a expliqué que le rapport « nombre d’actifs pour une personne âgée de plus de 65 ans » dans la population belge était en 2009 de 4 actifs pour 1 personne âgée et qu’il devrait évoluer en 2040 vers 2 actifs pour 1 personne âgée.
L’évolution de ce rapport donne une idée de l’effort qui devra être fourni par les actifs pour financer les pensions des retraités dans le futur. Sachant que le budget des pensions en 2009 représente 30 milliards d’euros, soit 9 % du produit intérieur brut (PIB), le vieillissement de la population aura pour conséquence qu’en 2050, le financement annuel des pensions représentera 15 % du PIB.
Cet effort budgétaire devra être réalisé dans un contexte difficile pour la Belgique.
Compte tenu de la mondialisation de l’économie, chaque nation se livre une véritable concurrence fiscale et sociale. Pour que l’économie belge reste compétitive, il n’est pas possible d’augmenter les charges sociales plus rapidement que les autres économies. Or le financement du régime des pensions belges est basé pour 70% sur les cotisations sociales et pour 30% sur les impôts comme la TVA.
Le financement futur de la sécurité sociale belge devra faire face à d’autres risques sociaux comme l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres, d’intérimaires, de travailleurs à temps partiel et d’invalides. Tout cela dans un contexte d’intégration européenne prônant la libéralisation du secteur de la santé.
Même si la situation future semble sans issue, Jean-Marc Close estime qu’il existe quatre solutions pour faire face au vieillissement de la population. Ces quatre solutions pourront être mises en œuvre complètement ou partiellement selon les choix qui seront faits par les politiques :
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accroître le taux d’activité de la population des 18 – 64 ans ;
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assainir le déficit annuel du budget de l’Etat et réduire son degré d’endettement ;
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contenir l’accroissement des dépenses publiques ;
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retarder les départs anticipés à la retraite puisque actuellement les travailleurs belges prennent en moyenne leur retraite à 58 ans.
Avant de lancer le débat, Marie-Claire Lambert a d’abord rappelé que grâce à la participation socialiste au gouvernement fédéral la norme de croissance du budget des soins de santé (4,5%) a été maintenue lors de l’élaboration du dernier budget fédéral pour 2009-2010.
Ensuite, elle estime que le Parlement doit faire avancer les propositions qui ont été votées à l’unanimité par la Commission d'enquête parlementaire consacrée aux grands dossiers de fraude fiscale. La concrétisation de ces propositions devrait permettre à la Belgique d’accroître considérablement ses recettes fiscales.
Finalement, la Présidente a insisté pour dire que le vieillissement de la population n’était pas un problème mais une opportunité devant permettre à chaque belge de vivre longtemps et en bonne santé. Ainsi, le développement des soins à domicile est une piste à suivre pour contenir les coûts de soins de santé et pour créer des emplois qui ne pourront pas être délocalisés.
Le Secrétaire.