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De l'importance de terminer les choses...



« S'il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer », disait Maurice Thorez... Malheureusement, dans notre pays, certains mandataires semblent plus aptes à la revendication qu'à la résolution de conflits. Malheureusement, dans notre pays, certains responsables politiques se préoccupent bien peu de l'intérêt commun qu'ils sont pourtant sensés défendre. Malheureusement dans notre pays, la Belgique n'est plus qu'un mot pour un nombre croissant de personnes. Heureusement, dans notre pays, les processus démocratiques permettent encore le dialogue, que l'on passe par de nouvelles élections ou non... mais pour combien de temps ?

Jeudi dernier, au Parlement, la droite flamande a bafoué plus que jamais la démocratie, et ce, sous le regard de la presse internationale venue assister à ce qui aurait été une première en Europe, le vote de la loi sur le port de la Burqa . Comble de la provocation, des nationalistes, avec la complicité des élus du Vlaams Belang, ont envahi l'hémicycle. Ce lundi, la démission du gouvernement a été acceptée par le roi. Ainsi, les nationalistes ont réussi à déstabiliser le pays poussant encore un peu plus avant une ligne de front dont plus personne n'oserait s'aventurer à garantir qu'elle n'explosera pas de façon irrémédiable. Repoussant aussi le moment ou le gouvernement et la chambre pourront s'atteler à résoudre les questions sur lesquelles la plupart des Belges les attendent vraiment: le chômage, les soins de santé, l'enseignement, l'avenir économique de notre pays.

Si l'on peut comprendre le mécanisme qui a mené une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques flamands à grandir dans un climat communautaire où l'Etat ne joue plus qu'un rôle de figuration, on ne peut pour autant accepter que ceux-ci, élus au parlement fédéral, membres du gouvernement, prennent le pays en otage afin de satisfaire des ambitions personnelles autant qu'irrationnelles et indignes.

A l'heure où les conséquences de la crise économique sont loin d'être écartées, où des milliers de familles vivent en dessous du seuil de pauvreté, où les citoyens se sentent de plus en plus éloignés de la politique et de ceux auxquels ils confient leur voix lors de leur passage aux urnes, la responsabilité politique doit, plus que jamais, prendre tout son sens. Paralyser l'état belge pour des querelles de plus en plus puériles, user du chantage comme un enfant à qui sa mère refuserait de lui acheter un jouet, user et abuser de la provocation au détriment d'une négociation vitale et capitale, ce ne sont pas là des pratiques dignes d'un pays qui se prépare à prendre la présidence de l'Union Européenne, d'un pays qui depuis des décennies représente la neutralité et l'art du compromis politique.

Certes, on ne peut continuer à éviter la question de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvoorde et laisser pourrir une situation dont les premières victimes sont les Belges, des deux côtés de la frontière linguistique, qui attendent du gouvernement qu'il s'attaque aux « vrais » problèmes. Le PS reste persuadé que des élections n'amèneront aucune solution si des négociations n'ont pas lieu, qu'une solution négociée doit être trouvée et que celle-ci doit se préoccuper de la qualité de vie et des droits tant des Bruxellois francophones et néerlandophones que des francophones et des néerlandophones de la périphérie. Mais ces négociations doivent se faire dans un climat de confiance et de respect mutuel. A aucun moment, nous, hommes et femmes mandataires, et ce à tous les niveaux de pouvoir, en Flandre comme en Wallonie, ne devons oublier pourquoi nous avons fait le choix d'une carrière politique. Il est nécessaire de ramener, d'une façon ou d'une autre le calme dans ce pays et, quelle que soit l'issue politique qui nous attend, nous pourrons alors être fiers d'avoir un jour fait le serment d'observer la constitution et d'avoir tenu notre promesse...

Lundi 26 Avril 2010
Marie-Claire Lambert