L’évènement est presque passé inaperçu mais c’est ce 20 mars 2009 qu’a officiellement démarré la phase préparatoire du projet pilote liégeois de traitement assisté par diacétylmorphine, à destination des usagers de drogues principalement dépendant à l’héroïne.
Ce projet est né à la suggestion des intervenants liégeois en toxicomanie, avant d’être défendu par les autorités. S’il a pu être conçu à Liège, dès 1995, c’est parce que notre Cité était déjà alors pilote en matière d’offre d’aide et de soins aux toxicomanes, présentant deux caractéristiques essentielles :
• la disponibilité d’un nombre important d’intervenants déjà organisés en un réseau solidaire ;
• et l’existence d’un consensus local discret favorisant, dans un contexte pourtant ailleurs hostile, le développement des traitements de substitution à la méthadone.
Le projet liégeois, qualifié alors de « délivrance d’héroïne sous contrôle médical » est donc apparu dès le départ comme un projet clairement médical visant à diversifier l’offre de soins aux toxicomanes.
S’il est bien présent depuis le départ des discussions, l’aspect sécuritaire ne lui est qu’accessoire.
Sa nouvelle appellation désormais de « traitement assisté par diacétylmorphine », ce terme désignant la forme pharmaceutique de l’héroïne, souligne mieux encore que par le passé ce caractère médical.
L’objectif de ce type de traitement, unique en Belgique mais déjà bien développé en Suisse, en Allemagne ou au Pays-Bas, est d’aider les usagers de drogues les plus problématiques et qui restent en échec avec les traitements classiques de substitution, méthadone principalement.
Il faut souligner le courage des autorités communales liégeoises qui ont rapidement adhéré à un projet, ont assuré le financement d’un premier protocole clinique en 1999 et ont travaillé inlassablement à convaincre les autorités médicales, judiciaires et supra-locales. Ceci vaut donc aussi pour l’Université de Liège qui a de suite donné sa caution scientifique au projet.
Il faut souligner ensuite l’ouverture d’esprit des autorités médicales et judiciaires locales qui ont eu l’intelligence d’entendre la pertinence des arguments de la Ville et de se rallier au projet, parfois même au risque de singulariser leur position dans un environnement resté hostile.
Il faut souligner enfin l’originalité du consensus politique intervenu dès le départ entre les familles politiques démocratiques du Conseil communal.
Il faut remercier, au final, les Ministres DEMOTTE et ONKELINX qui ont su, début 2007, imposer à leurs collègues du Gouvernement fédéral le financement de l’expérimentation liégeoise.
Le financement du volet médical du projet pilote est ainsi assuré par le Fonds fédéral « Assuétudes » pour toute la période nécessaire - 3 ans - à une expérimentation qui concerne un an de traitement pour 200 patients héroïnomanes, dont 100 assisté durant un an par diacétylmorphine.
La Ville de Liège a, depuis février dernier, délégué la mise en place du centre de traitement assisté par diacétylmorphine à une entité nouvelle : la Fondation privée TADAM.
Je suis particulièrement heureuse d’avoir fait adhérer à cette Fondation le CHR de la Citadelle, au côté de la Ville de Liège, de la Province et de trois autres hôpitaux : ISoSL, l’AISH et le CHC.
Tous ceux qui sont désormais associés à cette importante expérience savent, que le défi pour Liège est d’arriver à démontrer définitivement aux autorités fédérales que ce type de traitement mérite de dépasser le stade expérimental et d’être confirmé dans un statut de traitement normalement admis et financé. Pour en arriver là, dans 3 ans, il faudra que l’expérimentation porte ses fruits. Et pour qu’elle réussisse, il conviendra qu’elle profite dès le départ et durant tout son déroulement de conditions optimales de financement et de fonctionnement.
C’est ce à quoi j’aurai particulièrement à cœur de veiller que ce soit au départ de la participation du CHR de la Citadelle, ou encore de ma position de chef de groupe socialiste du Conseil communal ou, enfin, au travers de ma participation aux travaux de la Commission de la Santé de la Chambre.
Bon vent, donc, au projet TADAM !