Le Bourgmestre assume ses responsabilités dans ce domaine de la police administrative puisque en cette matière, il délivre seul les autorisations. Après avoir écouté les différentes critiques énoncées par Monsieur Leboutte, Willy Demeyer les accepte et reconnaît un problème d’inattention par rapport aux nombres d’activités autorisées sur l’esplanade Saint-Léonard en 2010.
Il soutient la concertation entre ville et comité de quartier mais il compte sur l’ouverture d’esprit du comité.
Face aux problèmes spécifiques de l’esplanade Saint-Léonard, les conclusions ont été tirées. Monsieur Demeyer en profite pour rappeler toute l’attention que lui et le Conseil communal portent au quartier Saint-Léonard. Cette attention s’est concrétisée par de nombreux investissements dans le quartier (nouvelle mairie, nouveau commissariat, édification de l’esplanade, …).
A l’avenir, il faudra encore être plus attentif au difficile équilibre entre le cadre de vie et les intérêts de la population et l’aspect festif de la cité ardente.
Les problématiques de l’esplanade Saint-Léonard constituent des exemples de différentes nuisances urbaines contre lesquelles l’autorité communale a décidé de s’attaquer par le biais d’une réflexion plus générale concernant l’ensemble du territoire communal liégeois (une dizaine de phénomènes sont visés).
Ces réflexions qui sont en cours actuellement au sein des Conseil et Collège communaux, du Conseil de police, … devront aboutir à la mise au point d’une politique globale axée sur la prévention, la présence sur le terrain et la répression. L’intention est de développer des approches larges et pragmatiques par rapport à ces enjeux.
Un exemple d’approche pragmatique des nuisances liées à la toxicomanie est la réalisation du centre TADAM (centre de traitement assisté par diacétylmorphine). Cette expérience pilote qui a démarré cette année à Liège devrait permettre de sortir de la rue des usagers de drogues les plus problématiques.
Le Bourgmestre de Liège a en outre annoncé l’application stricte à partir du 1er janvier 2011 du principe consistant à faire dépendre l’autorisation d’organisation d’un événement festif des capacités d’encadrement de celui-ci par la police. Il s’agira de ne plus dépasser certaines limites en termes d’heures supplémentaires et de récupérations, limites qui seront fixées dans le budget de la police et dans le plan zonal de sécurité.
Monsieur Leboutte tient à rappeler l’importance d’une certaine proactivité de la police par rapport aux incivilités qui minent la vie quotidienne des habitants de l’esplanade Saint-Léonard. Jusqu’à maintenant, il n’a pu que constater un manque d’intérêt des policiers pour cela.
Après avoir écouté les questions et commentaires de plusieurs personnes présentes dans le public, Willy Demeyer a apporté les précisions suivantes :
- Il reconnaît la difficulté de motiver les policiers communaux à réprimer les incivilités. Cela est probablement inhérent à leur formation orientée maintien de l’ordre ou missions judiciaires et pas missions de proximité ;
- Il a déjà été informé d’absence de réaction suite à un appel au 101 pour se plaindre de nuisances sonores. Il trouve ce comportement inacceptable et estime que la police doit vérifier le respect du règlement sur le bruit. Cependant, il est conscient des difficultés du métier de policier.
- Il est d’accord avec le fait que le risque zéro est difficile à atteindre. Une politique locale 100% sécuritaire n’est pas réaliste.
- L’organisation de la fête des étudiants dans le quartier Saint-Léonard depuis 2 ans, cela pose problème et pourtant, il espère trouver une solution pour leur trouver une salle.
- La fête « facebook » organisée uniquement pour des extérieurs qui génère de nombreuses nuisances. Il s’engage à refuser son autorisation en cas de demande à l’avenir.
- Les agressions émanant d’une bande présente sur l’esplanade Saint-Léonard, il prend note et demandera au chef de corps de la police de prendre les mesures nécessaires.
- C’est positif que Liège tente de trouver des solutions pour gérer les nuisances liées à la toxicomanie. Le compliment fait plaisir mais il sera plus exigeant à l’avenir avec le suivi social à apporter aux toxicomanes.
- Il est satisfait d’entendre que le collectif ne demande pas une concertation portant sur le contenu des événements mais désire une concertation portant sur les conditions d’organisation (salubrité, amplification sonore, sécurité, …). C’est en effet aux politiques à faire les choix sur le contenu en tenant compte d’une population en évolution sur le plan socio-économique.