Monsieur le Président, Chers collègues,
J’ai déposé au moins de février dernier, avec d’autres collègues, cette proposition de résolution qui a pour objet, d’une part, de relayer les préoccupations du terrain, terrain que je connais bien, et d’autre part, de répondre aux carences constatées dans le domaine de la prise en charge psychiatrique à l’hôpital des petits et jeunes patients.
Cette spécialité – la pédopsychiatrie, est un domaine des soins de santé encore, malheureusement, très confidentiel. Les jeunes concernés, leur entourage peinent à admettre, à reconnaitre ces pathologies mentales qui, pour certaines, peuvent être lourdes, déroutantes, découlant parfois d’un handicap, d’une dépendance, d’une délinquance... C’est vrai, la maladie mentale d’un enfant ou d’un ado n’est évidente pour personne. Ce tabou explique, peut-être, les lacunes constatées dans la prise en charge de ces jeunes patients. Trop souvent encore, ceux-ci ne bénéficient pas de soins adéquats faute de lits k en suffisance, de pédopsychiatres, de services pédiatriques adaptés en soins psychologiques et psychosociaux….
Ces carences sont évidemment inadmissibles car peuvent handicaper, parfois gravement, l’avenir de ces jeunes.
Il est donc urgent de considérer avec réalisme et pragmatisme l’ampleur de ce problème d’autant que la demande, en la matière, ne cesse de croitre et à en croire diverses instances scientifiques, cette tendance ne faiblira pas. Aujourd’hui, selon la 4ème Enquête santé effectuée dans notre pays, près d’un jeune sur 3 âgé entre 15 et 24 ans est en détresse psychologique. Toute détresse en la matière ne nécessite évidemment pas une prise en charge résidentielle. Cette prise en charge peut se faire au niveau de l’outreaching, de l’hospitalisation, des urgences ou des consultations privées chez un pédopsychiatre. Le gouvernement sortant a mis l’accent, à raison, sur la prévention et la détection des problèmes psychiques, sur la qualité et la disponibilité de la prise en charge à domicile qui doit être privilégiée surtout lorsqu’il s’agit d’un enfant, il demeure que l’offre hospitalière en pédopsychiatrie ne répond pas, aujourd’hui, aux besoins rencontrés par les patients et que souhaiteraient pouvoir proposer les professionnels du secteur. Un seul exemple, parlant il me semble, la Province de Liège compte seulement 20 lits k et ce pour les quelque 23.000 enfants et adolescents qui y vivent !
Ainsi, avec ce texte, nous demandons au gouvernement d’évaluer la fragmentation et la répartition des soins hospitaliers en pédopsychiatrie afin que l’offre en la matière coïncide aux besoins de la population infanto-juvénile. Nous demandons également de faire évoluer cette offre et de la rendre plus flexible. Mon intention étant de garantir à chaque enfant et adolescent qui en a besoin une prise en charge psychiatrique variée, adaptée à sa situation et son état de santé et surtout de qualité.
Je me réjouis que cette proposition de résolution ait été accueillie favorablement par l’ensemble de mes collègues de la commission santé publique et les en remercie.