Je ne serai pas longue car le texte dont nous débattons aujourd’hui n’est « que la base légale » des arbitrages budgétaires dont nous avons déjà longuement débattu ces derniers jours.
L’exécution des mesures d’économies concernant le secteur des médicaments est donc imminente. Au regard de la part que représente ce secteur dans le budget de l’assurance obligatoire, à savoir près de 16%, et vu la fréquence de ses dépassements, ces mesures sont clairement essentielles.
Si certaines des décisions prises sont récurrentes ou de bon sens, prenons l’exemple de la baisse de prix généralisée de tous les médicaments ou encore de la comparaison des prix des médicaments sous brevet pratiqués au niveau européen, d’autres mesures sont totalement novatrices et nécessiteront une bonne information des acteurs auxquelles elles s’adressent.
Prenons l’exemple du pouvoir de substitution octroyé aux pharmaciens. Si cette mesure ne concerne que quelques domaines limités à savoir les antibiotiques et les antimycosiques, je crois en son impact pédagogique. Effectivement, grâce à cette mesure - qui doit s’accompagner d’une parfaite information tant des pharmaciens que des patients mais surtout des prescripteurs – la responsabilisation des prescripteurs et des consommateurs progresse.
Car la question sous-jacente est évidemment celle de la bonne est juste prescription, de la bonne et juste prise en charge du coût de la prescription par la collectivité. La survie de notre modèle de soins de santé qui fait de l’égalité dans l’accessibilité et la qualité de soins son objectif dépend des réponses que le gouvernement est à même de donner aujourd’hui, dans le contexte de fragilisation budgétaire que nous connaissons.
Alors, oui, clairement, mon groupe entend soutenir et encourager la prescription volontaire faite en DCI, mais aussi mon groupe soutient et encourage la substitution qui en plus de permettre à l’assurance maladie de réaliser des économies a un impact positif sur le portefeuille des patients.
Cette mesure doit toutefois, comme je l’ai précédemment dit mais je tiens à insister, s’accompagner d’une bonne information. Certains patients craignent qu’on leur change de force leurs traitements, certains prescripteurs craignent qu’on ne respecte plus leur liberté thérapeutique. Les intentions du gouvernement et de la ministre de la santé en l’occurrence ne sont évidemment pas celles-ci. Aussi, mon groupe veillera que cette mesure, positive – j’en suis persuadée, soit néanmoins bien comprise et acceptée par tous.